Jean-Louis GIOVANNONI - L'air cicatrise vite - Editions Unes

Editions Unes

Jean-Louis Giovannoni - L'air cicatrise vite

En librairie

Depuis des années, je fréquente cet endroit. J’y déplace des pierres, fais des encoches dans les arbres. J’ai même planté des fleurs près du muret. Le plus souvent je m’assois et pendant une heure ou deux, je contemple le paysage.

De mes passages rien ne subsiste. Les encoches ont disparu et les pierres continuent leur course. 

Le monde est peuplé d’ombres, les nôtres pour la plupart. Nous le traversons, nous déchirant dans l’air qui se referme si vite derrière nous. Gestes, respirations, mots, notre existence est une succession de disparitions. Ce que nous formulons est immédiatement effacé, et même les visages disparaissent sur les photographies. Incapables de rien retenir, nous n’avons d’appui sur rien, coincés dans ce corps qui est à la fois notre limite physique et cet espace où bascule la perte à l’infini. L’air cicatrise viteest un livre fantomatique, Jean-Louis Giovannoni est allé en chercher la trace dans ses carnets inexploités, écrits entre 1975 et 1985. On y retrouve les obsessions fragmentées présentes dans Garder le mort (1975), Les mots sont des vêtements endormis (1983), ou Ce lieu que les pierres regardent (1984) ; mais ici hissées à un point de transparence inédit. Il s’agit de trouver un lieu, un espace respirable. Le monde est plein de son plein, s’engouffre partout, dans nos vides, nos insuffisances, et tout est invisible et nous hante, jusqu’au silence. On voudrait tendre les bras, les autres sont toujours dehors, toujours trop loin, et même les objets sont des absences, même les objets rêvent à notre place. On cherche à tenir bon, contre les murs, contre la multitude évanouie qui s’agite en nous, nous repousse et nous contient, sans identité ; au bord de notre bord. Et pourtant nous ne disparaissons pas dans cette fluidité qui nous échappe, les mots nous retiennent. Il reste notre présence dans l’air malgré les disparitions successives de nos agitations de vivre ; « seule la perte laisse des traces. »


Jean-Louis Giovannoniest né à Paris en 1950. Il a exercé le métier d'assistant social pendant plus de trente cinq ans en hôpital psychiatrique. Il ouvre son œuvre poétique avec Garder le morten 1975, livre de deuil qui deviendra un classique de la poésie contemporaine. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages chez divers éditeurs (Unes, Leo Scheer, Lettres Vives, Champ Vallon…), il s’engage dans une poésie de fragments interrogeant le malaise d’un rapport intime et extérieur au monde (Les mots sont des vêtements endormis, Ce lieu que les pierres regardent). Ce rapport à l’espace s’incarnera dans une dimension pensive du vers à la fin des années 80 (L’Invention de l’espace, Pas japonais) avant de faire place à de nouvelles formes, entre prose et poème. Ses livres interrogent la violence et certains aspects du rapport social depuis les années 90 (L’Élection, Journal d’un veau, Sous le seuil), mêlant fantasmagorie et biographie, grotesque et pulsion. Lauréat du prix Georges Perros en 2010, il a été président de la Maison des écrivains et de la littérature.

Vignette de Jean-Michel Marchetti

 imprimé en typographie

16 €, 64 p., EAN 9782877042017

Salon Livre Paris

Retrouvez-nous sur le stand de la Région Sud (K28)

Nous serons du 15 au 18 mars Porte de Versailles à Paris, avec tous nos livres et nouveautés.

 Signatures sur notre stand, vendredi 15 mars :

17h30 : Jean-Louis Giovannoni & Eva Mulleras

18h30 : Flora Bonfanti & Esther Tellermann

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