Jean PICHET a lu « Journal de mon talus », de Françoise VIGNET, paru aux éditions Alcyone 2017

De la part de Françoise Vignet, poète 

Jean PICHET a lu « Journal de mon talus »,

de Françoise VIGNET,

paru  aux éditions Alcyone.

 Journal de mon talus est un journal sans dates. Le temps, ici, le temps du calendrier, des montres, de l’actualité, de la vie privée ou sociale est laissé de côté, au profit du temps des saisons, évoquées par les mois que l’auteure place comme en sous-titres des brèves proses qu’elle a rassemblées dans cet ouvrage.

     Françoise Vignet se veut réceptive à ce qui survient dans le lieu où elle a choisi de vivre en poète. Elle saisit ce qui la saisit ; elle accueille ce qui l’accueille ; elle note ce qui, à certains moments, lui donne le sentiment d’être corps et âme, esprit et cœur, en communion avec le monde naturel, qui semble s’enchanter lui-même, naturellement. Les eaux  d’un étang sont des ciels  (p.19).  Un plaqueminier est l’Arbre du Jardin des Pommes d’or (p.18).

     Mais ces enchantements ne semblent pas être, pour elle, l’important. L’important, pour Françoise Vignet, c’est de se faire accepter, accueillir par cette beauté qui nous est a priori étrangère – qui ne nous doit rien. D’y prendre place, de s’y « glisser », d’y « dévaler », d’y vivre absolument, ne serait-ce qu’un instant, mais un instant qui « n’est plus fraction de la durée » (Avant-Dire). Un instant ouvert immensément, vertigineusement, légèrement, « telle une faille dans le temps » (p.14).

D’où surgit le poème.

     Et c’est comme si le Paradis était retrouvé. Furtivement. Des miettes de Paradis pour notre faim de beauté. Pour celles et ceux qui veulent bien les recueillir, même si elles sont immatérielles.

    Jean Pichet.

 

Françoise Vignet est née en 1949 à Saint-Etienne (Loire). Devenue professeur de Lettres, elle a aimé exercer son métier, tout en voyageant en Europe et en Extrême-Orient. Le commerce des poètes l'a accompagnée tout au long de sa vie.

Retirée dans le Gers, "à l'écart du monde", elle a fondé en janvier 2011 "Vous prendrez bien un poème ?", feuille poétique qui s'adresse à près d'une centaine de lecteurs ‒ poursuivant ainsi le partage.

C'est là qu'elle a composé les proses de "Journal de mon talus", inspirées par la présence de la grande campagne. (Recueil nominé, sous une forme sensiblement différente, lors du Prix Troubadours/Trobadors 2014, décerné par la revue Friches, de Jean-Pierre Thuillat. Recueil qui a inspiré à Claudine Goux douze aquarelles.) Des extraits en ont été accueillis dans les revues Arpa, Décharge, Friches, Les Cahiers de la rue Ventura, Poésie/première.

Elle a été, de 2014 à 2017, membre du comité de rédaction de la revue Les Cahiers de la rue Ventura, revue créée et dirigée par Claude Cailleau. A partir de deux collages de Ghislaine Lajard, elle a participé à un livre d'artistes "Voyage autour d'un collage" et à une "Riche Enveloppe".

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